Politique – Arhotabba Actualité culturelle, politique et sociale de la corne d'Afrique Fri, 16 Dec 2016 20:20:23 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.11 Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh en mode combat /djibouti-ismail-omar-guelleh-en-mode-combat/ /djibouti-ismail-omar-guelleh-en-mode-combat/#respond Sat, 11 Jun 2016 10:35:36 +0000 /?p=306 http://www.jeuneafrique.com/mag/329198/politique/djibouti-ismail-omar-guelleh-mode-combat/Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh en mode combat

Réélu pour un quatrième mandat, Ismaïl Omar Guelleh renouvelle son équipe ministérielle en profondeur pour s’attaquer au pire ennemi du pays : le chômage. Lors de son investiture le 8 mai, Ismaïl Omar Guelleh (IOG) a dit avoir entendu les attentes d’un peuple qui, à 86 %, l’a reconduit à la tête de Djibouti pour un quatrième mandat successif. Le décret de nomination du gouvernement du 11 mai tend à montrer qu’il est passé de la parole aux actes.

« C’est un gouvernement de combat, composé de techniciens plutôt que de politiciens. Ils sont jeunes et proches du terrain », affirme Abdoulkader Kamil Mohamed, qui demeure Premier ministre. Des formules mille fois entendues qui, pour une fois, pourraient bien ne pas être que de simples clichés.

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Mission d’Observation de l’Union Africaine pour l’élection présidentielle: La MOEUA valide le scrutin /mission-dobservation-de-lunion-africaine-pour-lelection-presidentielle-la-moeua-valide-le-scrutin/ /mission-dobservation-de-lunion-africaine-pour-lelection-presidentielle-la-moeua-valide-le-scrutin/#respond Sat, 16 Apr 2016 09:15:38 +0000 /?p=289 Mission d’observation de l’Union Africaine

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Que révèle l’installation de la base militaire chinoise à Djibouti ? /que-revele-linstallation-de-la-base-militaire-chinoise-a-djibouti/ /que-revele-linstallation-de-la-base-militaire-chinoise-a-djibouti/#respond Sat, 30 Jan 2016 07:26:53 +0000 /?p=284
Emmanuel Lincot, spécialiste de la Chine, revient sur l’installation d’une base militaire chinoise à Djibouti et sur ses conséquences diplomatiques :

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Somaliland : Carnet de routes d’un pays qui n’existe sur aucune carte! /somaliland-carnet-de-routes-dun-pays-qui-nexiste-sur-aucune-carte/ /somaliland-carnet-de-routes-dun-pays-qui-nexiste-sur-aucune-carte/#respond Fri, 01 Jan 2016 00:38:14 +0000 /?p=270 Pour la communauté internationale, cette petite République autoproclamée de la corne de l’Afrique fait officiellement partie de la Somalie. Mais, après une union chaotique et une guerre civile, le Somaliland a décidé de séparer définitivement du reste de la Somalie.
En 25 ans « de souveraineté retrouvée », le pays a su construire des institutions fonctionnelles, une économie libérale, une armée et plusieurs alternances démocratiques, et ce …..dans l’indifférence (presque) générale de la communauté internationale.

C’est maintenant officiel. Le président du Somaliland, Ahmed Mohamed Mahamoud dit Silanyo, ne briguera pas un deuxième mandat à la tête du pays. Élu en 2010, lors d’un scrutin qualifié de transparent par la quasi totalité des observateurs étrangers, il laisse son parti, Kulmiye, organiser ses propres primaires pour la désignation du futur candidat à la course présidentielle en 2017.
Après avoir claqué la porte du gouvernement de la Somalie dans les années 80 – il fût ministre du commerce mais aussi de la planification- pour le maquis et combattu le régime autoritaire de Syad Barreh pendant des longues années au sein du mouvement national somali (SNM) – essentiellement formé par des anciens cadres et généraux originaires du Somaliland, le vieux lion de la politique somalilandaise a décidé de passer la main.
Un geste rarissisme sur le continent noir en général et dans la corne de l’Afrique en particulier.
 » J’ai décidé de ne plus avoir d’ambitions politiques et de laisser la place à mes camarades de lutte pour la candidature des prochaines élections. Je vous exhorte de régler vos différends politiques par la voie de la négociation et d’œuvrer continuellement pour le bien être de votre population. Le salut du Somaliland passe par le consensus. Je reste un des vôtres. Un vieux sage de la communauté somalilandaise » dixit Silanyo dans un discours prononcé au congrès de son parti le 10 Novembre 2015 à l’hôtel Mansoor à Hargeisa, capitale de la Somaliland.
Une leçon de démocratie à bien des dictateurs africains!
Si tout se passe comme prévu, le Somaliland élira son cinquième président en Avril 2017 sur 26 années d’indépendance. « Une exception Africaine » selon plusieurs spécialistes de la région.

3 grandes parties sont en lice pour la victoire finale. Kulmiye, la formation politique de l’actuel président ; UCID (le parti pour la justice et le bien être, présidé par Jamal Ali Hussein, ancien cadre de la City Bank) et WADANI (la formation de l’actuel président du perchoir somalilandais).
Ancien protectorat britannique ayant accédé à son indépendance en Juin 1960, le Somaliland décidera au lendemain de sa liberté retrouvée d’unir son destin à celui de la Somalie Italienne, pour former la République Démocratique de Somalie.
L’objectif affiché de cette union étant de créer une grande nation Somali qui couvre 5 territoires dans la corne de l’Afrique : Somaliland (Britannique), Somalie du Sud (Italienne), L’Ogaden (Éthiopie), La côte française des somalis (actuel Djibouti) et le territoire Somali du Kenya.
Le rêve de la grande Somalie ne verra jamais le jour et l’union entre les Nordistes (Somaliland) et les sudistes (Somalie Italienne) sera un échec retentissant.
Mécontent d’avoir été écarté des postes décisionnels et d’être considéré comme de citoyens de seconde zone, le peuple du Nord se soulèvera contre le régime militaire de Syad Barre.
Le conflit se soldera par une guerre civile, des milliers de morts, des millions de déplacés et des grandes villes du Nord comme Hargeisa rasées de la carte.

Le 18 Mai 1991, le divorce fût logiquement scellé lorsque le dictateur Barreh fût chassé du pouvoir. Le peuple de Somaliland décida à Burao, lors d’une assemblée qui regroupa toutes les composantes ethniques du Territoire, de prendre définitivement son destin en main.
Injustement ignorée par la communauté internationale et non reconnu officiellement à ce jour, le somaliland est sans nul doute l’une des belles réussites du continent noir ces trente dernières années.
La république autoproclamée serait-elle est la preuve parfaite que l’Afrique n’a besoin d’être sous perfusion de l’aide internationale pour avancer?
Certes, les défis sont immenses : pauvreté, chômage massif des jeunes, infrastructures en piteux état, tensions politiques entre les différentes régions…. La liste est loin d’être exhaustive mais les avancées socio économiques sont notables.
Une économie de marché viable, un État fonctionnel, une presse libre, plusieurs élections démocratiques….. À bien des égards, le Somaliland contraste avec les régimes liberticides de la sous-région et le chaos sécuritaire qui prévaut à Mogadishu (capitale fédérale de la Somalie).

« Nous avons l’amère sentiment que la communauté internationale est insensible à nos efforts pour construire un État crédible, garant des progrès sociaux et qui sert de rempart contre le fanatisme religieux. Nous avons surtout le sentiment d’être puni pour une faute commise  par nos anciens il y a 55 ans lorsqu’ils ont décidé de s’allier avec nos frères sudistes » s’insurgent souvent les jeunes somalilandais.
« Le principe de l’intangibilité des frontières datant de la décolonisation, souvent mis en avant par l’union africaine, pour étouffer la reconnaissance de la Somaliland ne tient pas. Faut-il rappeler qu’au lendemain de son indépendance le 26 Juin 1960, 35 pays membres des Nations Unies avaient reconnu le Somaliland comme un État membre de la communauté internationale. Beaucoup de pays africains qui passent aujourd’hui sous silence les droits fondamentaux de la nation somalilandais étaient encore sous le joug de la colonisation à cette époque » reconnaît Madame Edna Adan, ancienne ministre des affaires étrangères du Somaliland.
Il n’en demeure pas moins que le petit État autoproclamé de la corne de l’Afrique reste l’un des candidats le plus sérieux à l’adhésion de la communauté des nations.

Article rédigé par Brad Hamoud

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Djibouti : de violents affrontements avec la police font au moins 7 morts et 23 blessés /djibouti-de-violents-affrontements-avec-la-police-font-au-moins-7-morts-et-23-blesses/ /djibouti-de-violents-affrontements-avec-la-police-font-au-moins-7-morts-et-23-blesses/#respond Tue, 29 Dec 2015 16:52:44 +0000 /?p=265

Au moins sept civils ont été tués et 23 blessés lundi 21 décembre à Djibouti dans des affrontements avec la police, qui compte aussi 50 blessés dans ses rangs, a déclaré mardi le ministre des affaires étrangères djiboutien.

Les violences ont eu lieu à l’aube lundi dans la localité de Buldhoqo, près de Balbala, en périphérie de la capitale Djibouti-Ville, où se tenait une cérémonie traditionnelle selon l’opposition. Elles auraient débuté quand les policiers ont voulu déplacer cette foule, selon le chef de la diplomatie de la cité-Etat.

« Il y avait des centaines de personnes rassemblées là, armées de couteaux ou de machettes, et deux d’entre elles avaient des kalachnikovs, a affirmé le ministre. Quand les renforts de la police et l’armée sont arrivés, les gens ont refusé de bouger et les violences ont commencé. Une enquête est menée pour savoir comment cet incident a pu se produire. »

Le ministre de l’intérieur djiboutien a indiqué dans un communiqué reçu mardi que les forces envoyées sur place pour empêcher ce rassemblement avaient été attaquées par « plusieurs dizaines d’individus armés ». L’Union pour le salut national (USN), une coalition de sept partis djiboutiens d’opposition, a assuré de son côté que la police avait « abattu 19 civils ». Le ministre a réfuté le bilan de l’opposition, qu’il a accusé d’exagérer la gravité des violences.

L’USN a affirmé avoir ensuite tenu une réunion pour discuter de la situation, au cours de laquelle la police aurait tiré à balles réelles et lancé des lacrymogènes, faisant plusieurs « blessés graves » parmi ses membres, dont son président Ahmed Youssouf Houmed. Le ministre de l’Intérieur a dénoncé des violences destinées « à déstabiliser notre nation et à semer les divisions au sein de la communauté nationale » orchestrées « par des individus malintentionnés recevant des instructions de la part de parrains qui agissent depuis l’étranger. » Il a également annoncé que « plusieurs personnes impliquées dans ces violences avaient été arrêtées. Ils seront rapidement traduits en justice pour leurs actions. »

Un quatrième mandat

Au pouvoir depuis 1999, le président Ismaël Omar Guelleh devrait se présenter à l’élection présidentielle prévue en avril 2016, pour briguer un quatrième mandat. La Constitution, amendée en 2010, ne limite plus le nombre de mandats présidentiels.

Petit pays de la Corne de l’Afrique, à l’entrée de la mer Rouge et du Golfe d’Aden, Djibouti dispose d’une position stratégique dans la région entre le continent africain et la péninsule arabique. Il accueille plusieurs bases militaires étrangères utilisées notamment dans la lutte contre la piraterie maritime. Il fournit aussi un contingent de soldats à la force africaine en Somalie (Amisom), qui y combat les islamistes shebab.

Le ministère des affaires étrangères français a déclaré mardi suivre « avec inquiétude les violences qui ont eu lieu à Djibouti depuis la fin de la semaine passée » et appelé « à faire toute la lumière sur ces événements », ainsi qu’à un « retour rapide au calme. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/22/djibouti-de-violents-affrontements-avec-la-police-font-7-morts-et-23-blesses_4836723_3212.html#x8Ep0Kz5w4JOhAlV.99

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Communiqué de la LDDH /communique-de-la-lddh/ /communique-de-la-lddh/#respond Sat, 05 Dec 2015 15:45:53 +0000 /?p=258

05/12/2015 (ARDHD) Communiqué de la LDDH en date du 4 décembre 2015, pour dénoncer les violences policières à l’encontre des représentants et des partisans de l‘USN en tournée dans les villes de l’intérieur.

Comme nous l’avions annoncé dans notre dernier communiqué, la confrontation entre les militants de l’USN et les forces de l’ordre a eu lieu dans l’après-midi du 3 Décembre 2015 à Ali-Sabieh.

Dans un premier temps, la Gendarmerie a multiplié les obstacles afin d’empêcher les dirigeants de l’USN d’arriver à Ali-Sabieh.

Et quand ces derniers ont pu accéder au lieu, la Police a dispersé les militants de l’USN venus assister au meeting à coups de gaz lacrymogènes et des balles blanches. Cette bavure à causé des blessures parmi les militants de l’USN et l’un des responsables de la coalition USN, M. Abdallah Dabaleh touché à la poitrine. Ce qui lui a valu une perte de connaissance.

Plusieurs arrestations ont été opérées parmi les militants de l’USN d’Ali-Sabieh. Aujourd’hui, la même scène avec les mêmes méthodes s’est répétée à Dikhil où s’était rendue la délégation de l’USN. Et il est à déplorer deux blessées parmi les femmes dont Mme Goumane Farah Guelleh et Mme. Hibo Ahmed Allale blessée à la jambe.

La LDDH dénonce et condamne vigoureusement l’utilisation excessive de la force contre les militants pacifiques de l’opposition de l’USN.

La LDDH exige l’arrêt des violences et demande aux autorités du pays de ne pas envenimer la situation car cela peut fragiliser une paix déjà précaire.

Enfin, la LDDH lance un appel solennel à tous le démocrates de part le monde à faire pression sur les autorités djiboutiennes pour que le droit constitutionnel l’emporte sur la force.

Le Président de la LDDH :
Omar Ali Ewado
Tél : +253 77 61 55 49
E-mail : iwado_lddh@yahoo.fr

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La Chine renforce sa présence à Djibouti et dans la Corne de l’Afrique /la-chine-renforce-sa-presence-a-djibouti-et-dans-la-corne-de-lafrique/ /la-chine-renforce-sa-presence-a-djibouti-et-dans-la-corne-de-lafrique/#respond Mon, 30 Nov 2015 15:13:39 +0000 /?p=250 La Chine a annoncé un accord avec Djibouti pour la construction d’une base militaire navale dans ce petit pays de la Corne de l’Afrique. Officiellement pour participer aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, d’effectuer des missions navales anti-piraterie au large de la Somalie et de fournir une assistance humanitaire en cas de crise. Mais il s’agit également pour la Chine de sécuriser ses importants intérêts commerciaux dans la région et d’affirmer son identité de grande puissance, au même titre que les Etats-Unis ou la France, déjà présents.

Depuis quelques années, Djibouti se couvre de chantiers : le port international de Doraleh et son terminal pétrolier, mais aussi le train remplaçant l’ancien chemin de fer français tombé en désuétude. Des routes neuves mènent vers l’Ethiopie et Djibouti abrite aussi des mines de potasse, un oléoduc. Et bientôt donc une nouvelle base militaire. Point commun de tous ces chantiers : ils sont chinois.

Pour Valérie Niquet, de la Fondation pour la recherche stratégique, Djibouti est pour la Chine une porte d’entrée idéale vers l’arrière-pays africain, où ses activités commerciales prospèrent : en Ethiopie surtout, mais aussi au Sud-Soudan, et jusqu’aux Grands Lacs.

Positionnement sur le long terme

C’est cela aussi que protègera la base de Djibouti, ajoute l’universitaire. De même la Chine entend rassurer ses travailleurs expatriés, qui commencent à être victimes du terrorisme, comme récemment au Radisson Blu de Bamako, où trois Chinois sont morts.

Selon Antoine Kernen, de l’Institut des sciences sociales de Lausanne, s’implanter militairement à Djibouti est aussi un moyen de « jouer dans la cour des grands », à portée de jumelles des militaires français et américains. Pour autant, ce n’est pas une provocation belliqueuse, ajoute-t-il. Il s’agit plutôt d’un positionnement pariant sur le long terme, offrant dans l’immédiat à la Chine dans la Corne de l’Afrique un rôle d’observateur prudent.


Vu de Chine

Comme d’autres pays, la Chine, très présente en Afrique, souhaite profiter de la position stratégique unique de la cité portuaire à proximité d’un des corridors maritimes les plus fréquentés dans le monde.

Avec notre correspondante à PékinHeike Schmidt

En installant sa première base militaire à l’étranger, Pékin accomplit un pas important vers son objectif de devenir une puissance maritime internationale.

Depuis 2008, la Chine a déjà envoyé 60 navires dans le Golf d’Aden – des missions d’escorte destinées à prévenir des attaques de pirates. Mais faute de disposer de sa propre base logistique, l’armée chinoise a rencontré des difficultés pour réapprovisionner ses navires. Les nouvelles installations doivent donc « aider à fournir de meilleurs services aux troupes », selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei.

La base de Djibouti sera aussi utile pour les missions des Nations unies au Mali, au Darfour ou encore au Sud Soudan, car avec plus de 3000 soldats, la Chine fait aujourd’hui partie des nations qui envoient le plus de casques bleus en Afrique.

Cet engagement militaire n’est pas désintéressé : la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique et un million de Chinois y vivent. Pékin se doit donc de protéger ses investissements et ses ressortissants, comme le font déjà les Américains, les Français et les Japonais, tous présents à Djibouti.

@RFI

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L’opposition djiboutienne se remobilise contre le président /lopposition-djiboutienne-se-remobilise-contre-le-president/ /lopposition-djiboutienne-se-remobilise-contre-le-president/#respond Fri, 20 Nov 2015 14:49:51 +0000 /?p=243 Djibouti, dirigé par Ismaïl Omar Guelleh depuis 1999, se dirige vers une nouvelle élection présidentielle en avril 2016. L’opposition tente de se mobiliser pour que le scrutin soit transparent, dans un contexte que ses militants estiment très répressif.

Le président djiboutien, surnommé IOG, n’a pas encore annoncé s’il se présenterait ou non pour un quatrième mandat. Il devrait trancher d’ici quelques semaines.

Le régime d’IOG bénéficie de nombreux soutiens étrangers. En effet, ce pays de la corne de l’Afrique, ancienne colonie française stable et à l’emplacement stratégique, abrite plusieurs bases militaires, française et américaine notamment.

Un militant de l’Union pour le Salut national (USN), coalition de partis d’opposition, raconte leur meeting politique du 20 novembre, entre intimidations et arrestations.

Maydane Okieh, est journaliste pour l’hedomadaire « La Voix de Djibouti » et membre de l’USN :

Même si le meeting était autorisé, la tension était vive. Les gens sont venus à pied, certains ont marché plus de 5 km pour participer, car les transports avaient reçu le mot d’ordre de ne pas conduire les militants à Balbala Cheickh Moussa [banlieue de Djibouti où se déroulait le rassemblement]. Ils ont menacé les chauffeurs de leur retirer leur permis de conduire.

La population est tout de même venue. Les ténors de l’opposition ont pris la parole chacun leur tour, je couvrais le meeting pour mon journal « La Voix de Djibouti « . J’étais en train de ranger mon matériel, ma caméra, le micro, avec un collègue, quand les gendarmes nous ont arrêtés, mon collègue et moi, et deux autres personnes de l’USN. Ils nous ont conduits au poste de gendarmerie tout proche. J’ai reçu une claque dans le cou et une autre sur la figure. Ils nous ont dit de nous déshabiller, mais on a refusé de le faire complètement, on a gardé nos pantalons. Ils nous ont accusés d’être responsables de dérapages – car des jeunes ont jeté des pierres et causé des dégâts.

Nous avons été détenus une heure et demie, de 18 h à 19 h 30, puis relâchés. [Maydane Okieh dit avoir été arrêté huit fois depuis 2013 et avoir passé plusieurs mois en prison. Il affirme que ses ennuis ont commencé avec la publication de la photo d’un policier se livrant à des actes de torture].

Nous venons de tenir une réunion avec l’opposition, elle prévoit de reproduire ces meetings d’information dans six villes du pays. On veut que le gouvernement applique l’accord-cadre, instaurant une commission électorale indépendante avant la fin de l’année.

Cet accord-cadre, accepté fin 2014 par le gouvernement et l’opposition, doit permettre la création d’une commission électorale indépendante. Mais ce texte n’a toujours pas été rédigé. Le gouvernement indique avoir « des difficultés à trouver un compromis ».

« La police ne nous a pas signalé d’arrestation, ni d’incident « 

Le ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement, Mahamoud Ali Youssouf, donne la version des autorités sur le meeting du 20 novembre.

La police ne nous a pas signalé d’arrestation, ni d’incident. Ce meeting n’a pas posé de problème, il n’y a pas eu de casse. Quant aux bus, ce sont des services privés, on n’a pas d’action sur eux, il n’y a pas de transport public à Djibouti, donc ça n’a pas de sens de dire que les bus ne circulaient pas. Le meeting a dû réunir entre 5 000 et 10 000 personnes, en réaction à la marche de la société civile du 1er novembre [pro-pouvoir]. Nous sommes dans une phase ou les deux partis se préparent a la présidentielle, il est normal de galvaniser ses sympathisants d’un côté comme de l’autre.

« Le Président mise sur l’essoufflement de l’opposition »

Miguil Mata, blogueur, est l’un de nos Observateurs à Djibouti.

Je ne dirais pas que c’était une manifestation ‘historique’, comme l’a présentée l’opposition, je crois que j’en ai vu de précédentes beaucoup plus importantes. Les officiels n’utilisent pas le terme de quatrième mandat, ils préfèrent dire ‘nouveau mandat’. [Élu en 1999, le président Ismaïl Omar Guelleh a été réélu en 2005 puis en 2011 après une révision de la Constitution, qui a supprimé la limitation du nombre de mandatsà deux.]

En général, c’est difficile de manifester pour les militants de l’opposition, ils peuvent subir des actes d’intimidation ou être agressés par les forces de sécurité, voire être arrêtés et torturés. Une manifestation est tout de même dangereuse pour les opposants, même si elle est autorisée.

Je crois que l’opposition, depuis les élections contestées de février 2013, s’essouffle un peu. Cependant, elle est encore crédible. Le président pensait qu’elle allait éclater, mais ça n’a pas été le cas : elle reste toujours soudée tant a l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. Il faut tout de même noter que l’opposition a perdu l’un de ses ténors tout récemment Ismail Guedi Hared, qui est mort en France.

À Djibouti, les médias n’ont presque pas relayé le meeting du 20 novembre. En revanche, la marche du 1er novembre, pour soutenir un nouveau mandat du président Guelleh, a fait la une de toute la presse écrite et audiovisuelle locale.

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Affaire Borrel : ouverture d’une enquête après la destruction de scellés /affaire-borrel-ouverture-dune-enquete-apres-la-destruction-de-scelles/ /affaire-borrel-ouverture-dune-enquete-apres-la-destruction-de-scelles/#respond Thu, 12 Nov 2015 14:56:26 +0000 /?p=214

La garde des sceaux Christiane Taubira a ordonné jeudi qu’« une inspection » soit diligentée après la destruction de scellés dans l’enquête sur l’assassinat du magistrat français Bernard Borrel, retrouvé mort près de Djibouti en 1995.

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 kilomètres de Djibouti. L’enquête française, ouverte depuis 1997, a d’abord privilégié la thèse du suicide, avant de se réorienter sur celle d’un assassinat.

La destruction de ces scellés – parmi lesquels figuraient un briquet, une sandale et des bidons d’essence retrouvés sur les lieux – pourrait « compromettre la poursuite de l’enquête » sur cet assassinat, a assuré l’avocat de la famille, Me Olivier Morice. « Ces scellés ont été détruits, les services invoquant le fait qu’un non-lieu a été rendu dans le dossier, ce qui est complètement faux », a relevé Me Morice.

Demande d’analyse par la cour d’appel de Paris

La cour d’appel de Paris avait pourtant demandé en septembre que de nouveaux actes soient effectués notamment l’analyse d’une sandale, d’une trace papillaire sur un briquet et du carburant utilisé pour l’immolation.

L’avocat de la famille a été reçu avec Elisabeth Borrel et ses enfants en fin de matinée par le président du tribunal de grande instance de Paris, Jean-Michel Hayat, et le procureur de la République de Paris, François Molins. « C’est une tentative d’assassinat du dossier qui pourrait compromettre la condamnation des auteurs », a estimé pour sa part Elisabeth Borrel, la veuve du magistrat. Pour elle, l’assassinat de son mari est « un crime d’Etat qui pourrait impliquer l’actuel président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh », alors chef de cabinet du président Hassan Gouled Aptidon.

L’affaire Borrel a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose d’une de ses premières bases militaires à l’étranger.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/12/affaire-borrel-ouverture-d-une-enquete-apres-la-destruction-de-scelles_4808371_3224.html#x4Fvqo7sCMEJAKll.99

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Djibouti attendu au tournant démocratique /djibouti-attendu-au-tournant-democratique-2/ /djibouti-attendu-au-tournant-democratique-2/#respond Tue, 10 Nov 2015 15:22:13 +0000 /?p=252 Le vent de la contestation souffle de plus en plus fort à Djibouti et la réaction du pouvoir ne s’est pas fait attendre. En quête de dialogue avec le président Ismaël Omar Guelleh, l’opposition désespère de trouver un terrain d’entente malgré un compromis politique couteux en 2013. Presque trois années plus tard, la pression repart à la hausse et le pouvoir multiplie les arrestations afin de couper l’élan d’un mouvement qui pourrait le faire vaciller. Djibouti est-il sur la mauvaise pente ?

Par Paul Laroche.

Ne nous le cachons pas, beaucoup de pays africains ne s’honorent pas par le respect de la démocratie et des droits de l’homme. Le petit État de Djibouti bordé par le Golfe d’Aden ne fait malheureusement pas exception malgré l’espoir d’un dialogue national renouvelé suite à des élections législatives en 2013 qui avait vu la percée historique de l’opposition. En place depuis 1999, le président Ismaël Omar Guelleh semble bien vouloir se représenter en 2016 pour effectuer un quatrième mandat. Une possibilité qui suscite l’indignation de ses adversaires politiques qui pour certains sont arrêtés et détenus au mépris des règles de droit. La tension monte à Djibouti et la violence de la réaction du pouvoir peut faire craindre un embrasement généralisé à moyen terme. Une hypothèse aux résultats contreproductifs pour un pouvoir qui cherche à renforcer encore sa mainmise sur l’État.

Face à un nouveau regain de tensions politiques, L’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA) a adressé un courrier au président djiboutien, mais aussi au président Français afin que cessent « les violations diverses des droits de l’homme perpétrées par les militaires et les forces de police Djiboutiennes sur des bases ethniques, tribales et familiales, à l’encontre des personnes dont le seul délit est d’avoir un lien plus ou moins lointain avec des membres du Front pour la Restauration de l’Unité et de la Démocratie (FRUD) ».

Opposé militairement aux forces de l’ordre djiboutiennes, le FRUD constitue une épine dans le pied d’un président qui souhaite disposer d’une liberté totale dans son pays. Des opérations coup de poing sont parfois menées par l’un ou l’autre des protagonistes sans que la paix ne soit mise sur l’autel de la réconciliation nationale. Depuis le 3 octobre, ce sont les forces loyalistes qui sonnent la charge avec des arrestations de civils dont le seul crime est d’être liés familialement avec des membres du FRUD. Une campagne de terreur dénoncée par l’AFASPA après les premières révélations de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme. Plusieurs dizaines de personnes auraient été arrêtées à ce jour dont une quinzaine de femmes.

La justice djiboutienne doit rapidement faire la lumière sur ce qui ressemble de plus en plus à une tentative d’intimidation par le pouvoir, même s’il est encore trop tôt pour cerner tous les tenants et les aboutissants de cet épisode peu glorieux. À un an des élections présidentielles auxquelles le président Guelleh ne peut pas se présenter si la Constitution reste la même, l’affaire fait grand bruit au sein d’une société djiboutienne qui voit avec inquiétude la montée des tensions. Sur le plan international, l’image d’Ismaël Omar Guelleh pourrait s’en ressortir ternie surtout que cela survient quelques semaines après le refus présidentiel de se présenter devant la justice britannique (en qualité de témoin) pour faire la lumière dans le procès Boreh.

Djibouti est à un tournant de son histoire. Soit toutes les parties en présence font preuve de responsabilité et cessent les actions qui engendrent la violence, soit une dérive autoritaire sans précédent et des contestations violentes pourraient éclater dans un pays où la stabilité est recherchée par les grandes puissances qui disposent notamment de bases militaires. En effet, la situation géographique tout à fait exceptionnelle de Djibouti en font un théâtre de manœuvres militaires bien plus importantes que ne le suggère la puissance intrinsèque du pays.

Source / contrepoints.org

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