Accueil / Politique / Tadjourah: les manifestants libérés et le journaliste LVD assigné à la ville

Tadjourah: les manifestants libérés et le journaliste LVD assigné à la ville

A Tadjourah, la centaine de personnes dont des blessés qui ont été arrêtées par le régime le 1er juillet 2012 pour protestation contre la dictature, le chômage massif et la misère sociale, ont été libérées vendredi 3 juillet 2012.

Elles ont été libérées après un élan de solidarité des autres habitants de Tadjourah qui ont notamment manifesté dès le lendemain 2 juillet 2012 et la mobilisation des démocrates djiboutiens de l’extérieur informés pour beaucoup par la Voix de Djibouti.

De même, notre confrère Baragoïta Houmed, qui est notre correspondant dans la région, a été libéré mais il a été assigné à la ville de Tadjourah. Il lui est désormais interdit de circuler hors de cette agglomération. Cette assignation est une privation de liberté contre laquelle nous nous élevons.

Aussi, lançons-nous de nouveau un appel pressant à toutes les organisations internationales de défense des droits de l’Homme et de la liberté de la presse, en particulier à Reporters Sans Frontières (RSF) et à la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), pour que notre confrère Baragoïta Houmed retrouve toute sa liberté.

Ci-après, nous publions un texte d’une organisation de jeunes appelée Association des Jeunes Démocrates Djiboutiens (AJDD):

«AJDD: Solidarité avec les luttes légitimes des jeunes de Tadjourah:

Nous sommes tous des Tadjouriens !

Une évidence d’abord. Ce régime ne cache pas sa volonté de mener une lutte frontale contre la moitié de la population du pays, traitée en ennemi.

Pour fêter le 35ème anniversaire de l’accession de Djibouti à l’indépendance, qu’il considère comme autant d’années de victoires sur le peuple et en particulier sur la population du Nord et du Sud-ouest, Ismaël Omar Guelleh s’est livrée à une provocation à l’égard des habitants de Tadjourah le 1er juillet 2012.

Sur 200 travailleurs recrutés, pour la construction du port de Tadjourah, 2 seulement sont originaires de cette région, ce qui constitue un acte d’une extrême gravité et d’une irresponsabilité inouïe.

Ce régime est un danger public non seulement pour cette population discriminée depuis 35 ans, mais pour l’ensemble du peuple et pour l’avenir de ce petit pays.

Guelleh est en train de prendre en otage l’avenir des enfants de ce pays, en laissant en héritage un champ de ruines et des communautés en lambeaux, divisées entre elles qui auront du mal à recoller les morceaux à l’instar de ce qui se passe en Somalie.

C’est pourquoi, il est de devoir de tous les citoyens djiboutiens de refuser de tomber dans ce piège en soutenant les justes revendications des jeunes de Tadjourah pour l’accès à l’embauche sans discrimination.

La lutte des jeunes Tadjouriens est légitime, et mérite respect et solidarité. Nous sommes tous des Tadjouriens aujourd’hui !

C’est le chant du cygne du pouvoir de Guelleh !

Que conclure, sinon qu’il faut mettre hors d’état de nuire Guelleh et sa clique, et qu’il faut une alternance, un changement non d’une personne, mais du régime ? Sans donner des leçons, l’AJDD estime qu’il est temps pour les forces qui veulent le changement de préparer l’après dictature pour empêcher la «Somalisation».Ces forces doivent être capables de reconnaître les crimes de la dictature durant ces 35 ans et ses conséquences. Le 4 juillet 2012.»

Vérifiez également

Somaliland : Carnet de routes d’un pays qui n’existe sur aucune carte!

Pour la communauté internationale, cette petite République autoproclamée de la corne de l’Afrique fait officiellement ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *